S4E6 – Addiction, santé mentale et pop culture : la casa de la dopamine
Invité : Dr Jean-Victor Blanc
🎙Cette semaine, on confronte les séries et les films à la vraie vie des patients dans le cabinet du psychiatre Jean-Victor Blanc.
💬 » Les fictions qui vont parler de l’addiction, c’est souvent quand même des fictions qui peuvent être plutôt un peu des trigger warning. Parce qu’en fait, voir quelqu’un qui consomme, ça peut déclencher un craving important. C’est-à-dire l’envie de consommer. Parce que même une série comme Euphoria, je pense pour quelqu’un qui est un peu loin de ça, qui comprend pas bien ce que c’est que l’addiction, la notion de volonté, de rechute, de souffrance pour l’entourage, je pense que c’est une série qui peut vraiment l’aider à comprendre. Mais pour quelqu’un qui connaît déjà intimement la question… pas certain. »
Il y a une chose que le cinéma et les séries ont toujours su faire mieux que nous : montrer le vertige. La chute lente. L’euphorie avant la descente. Le plan serré sur une main qui tremble. Le regard qui se perd. Le plaisir qui devient nécessité.
De Requiem for a Dream à Euphoria, de Scarface aux clips TikTok ultra-esthétisés, l’addiction est partout. Elle fascine, elle choque, elle se consomme presque comme un genre à part entière. Mais pendant qu’on regarde ces images, la réalité, elle, change de forme.
Aujourd’hui, les substances ne sont plus celles d’hier. Les usages non plus. Nouvelles drogues de synthèse, médicaments détournés, cocktails imprévisibles, gaz, vape, stimulants dits « fonctionnels », produits achetés en ligne : les frontières se brouillent, les repères aussi, parfois sans que l’on sache vraiment ce que l’on consomme. Et surtout, nous évoluons dans une culture où le plaisir est scénarisé, où le mal-être est esthétisé, et où la transgression devient banale, presque attendue.
Alors une question s’impose : est-ce que la pop culture reflète l’addiction… ou est-ce qu’elle participe à la façon dont elle se fabrique ? Car derrière les images, il y a des cerveaux. Des mécanismes. Des vulnérabilités. Et une génération exposée très tôt à des substances plus puissantes, plus rapides, plus opaques que jamais.
Pour en parler, il fallait quelqu’un capable de tenir les deux fils sans les opposer : la rigueur clinique et l’imaginaire collectif. La neuroscience et Netflix. La psychiatrie et la pop. Notre invité, le Docteur Jean-Victor Blanc, est psychiatre, spécialisé en addictologie. Il exerce à l’hôpital, travaille avec des patients bien réels, mais il a aussi choisi un terrain inattendu : les séries, le cinéma, les icônes pop.
Parce que, dit-il, ce que nous regardons raconte souvent ce que nous vivons. Et parfois, ce que nous ne savons pas encore nommer.
🖇 Références :
📚 Pop & Psy : Addicts (Éditions Points, 2025)









